Budapest ou Bucarest : dix manches, et Bucarest en gagne cinq

Dernière mise à jour: 2026-08-03·19 min de lecture
Sur cette page
  1. Non, ce ne sont pas la même ville
  2. Le tableau des dix manches
  3. Où Bucarest revient moins cher, et où non
  4. Ce que le tableau dit vraiment
  5. Eau thermale contre culture du bain
  6. Se déplacer, et ce que coûte l’arrivée
  7. Vie nocturne : ruin bars contre Lipscani
  8. Excursions : là où Bucarest prend le large
  9. Aller de l’une à l’autre
  10. Faire les deux, et qui prend laquelle

Deux villes, deux pays, 616 kilomètres et une frontière entre les deux. S’il ne doit en rester qu’une : Budapest pour un premier voyage dans cette partie de l’Europe, Bucarest si vous avez déjà fait Budapest ou si vous comptez chaque euro au tourniquet. Voilà la réponse.

Le reste de cette page, ce sont les justificatifs, et Bucarest y remporte plus de manches que le lecteur budapestois ne l’imagine.

Non, ce ne sont pas la même ville

Un paragraphe, et on passe à autre chose. Budapest est la capitale de la Hongrie, posée sur le Danube, parle une langue finno-ougrienne apparentée à presque rien de connu et paie en forints. Bucarest est la capitale de la Roumanie, posée sur la Dâmbovița, parle une langue romane que vous déchiffrez à moitié si vous avez un peu d’italien, et paie en lei. Le nom de Budapest est littéralement deux villes agrafées ensemble, Buda et Pest, réunies à Óbuda en 1873, ce qui explique qu’il se lise comme un mot composé. Bucarest est la transcription de București. La ressemblance vit dans l’alphabet anglais et nulle part ailleurs, et elle est assez répandue pour que Google propose « Budapest et Bucarest sont-elles la même ville » à des gens en train de chercher un prix d’hôtel. Si c’était votre question, elle est réglée. Si vous êtes venu ici pour choisir, la suite est pour vous.

Le tableau des dix manches

Manche Vainqueur Pourquoi
Culture du bain Budapest, sans débat Plus de 120 sources thermales et cinq bains historiques en activité, à partir de 3 500 forints
Se déplacer Bucarest, nettement 18,00 lei le titre 24 heures intégré contre 2 750 forints
Rejoindre le centre depuis l’aéroport Bucarest, de très loin Un bus express à 3,00 lei contre un à 2 500 forints, pour une quarantaine de minutes des deux côtés
Anglais parlé Bucarest L’indice EF 2025 classe la Roumanie 11e mondiale et la Hongrie 22e
Excursions à la journée Bucarest Sinaia et le château de Peleș à 1 h 45 de train, Brașov juste derrière. La Transylvanie joue dans une autre catégorie
Affluence Bucarest Beaucoup moins visitée, et sans la réputation d’enterrement de vie de garçon qui colle à Budapest
Amplitude de la table Budapest Le plancher se vaut, mais l’éventail au-dessus est plus large
Vie nocturne Budapest pour l’amplitude Les ruin bars restent inimités. Lipscani est plus dense et moins cher, et gagne sur le prix
Marche à pied Budapest Centre compact, deux rives, un réseau de tramways qui va là où vous allez
Architecture Match nul Budapest pour la beauté continue, Bucarest pour le bâtiment le plus stupéfiant que possède l’une des deux

Cinq pour Bucarest, quatre pour Budapest, une nulle. Si le compte surprend, tant mieux : la plupart des comparatifs de ce duo sont écrits par quelqu’un qui connaissait sa conclusion avant d’ouvrir la première grille tarifaire.

Une précision avant les chiffres, parce qu’elle conditionne la confiance : nous vivons à Budapest, pas à Bucarest. Chaque prix budapestois ci-dessous sort de nos propres guides et relevés, daté ligne par ligne. Chaque prix bucarestois vient d’une source roumaine officielle, régie de transport, billetterie ou carte publiée de l’établissement. Nous disons lequel est lequel plutôt que de fondre les deux dans une moyenne à l’air assuré.

La Strada Lipscani, dans la vieille ville de Bucarest, terrasses de bars de part et d’autre d’une rue pavée

Strada Lipscani, le versant bucarestois de la manche « vie nocturne ». Photo de Joe Mabel, CC BY-SA 4.0, redimensionnée, via Wikimedia Commons.

Où Bucarest revient moins cher, et où non

Oui, et l’écart se concentre à un seul endroit : tout ce qui passe par un tourniquet.

Poste Budapest Bucarest
Ticket de transport à l’unité 500 forints, environ 1,40 euro (bkk.hu, 3 août 2026) 3,00 lei en surface, 7,00 lei le titre intégré 120 minutes (stb.ro, 3 août 2026)
Titre 24 heures 2 750 forints, environ 7,55 euros 8,00 lei en surface, 18,00 lei le titre intégré, environ 3,45 euros
Titre 72 heures 5 750 forints, environ 15,80 euros 20,00 lei en surface, 49,00 lei le titre intégré, environ 9,35 euros
Navette d’aéroport, version économique 100E Airport Express, 2 500 forints, environ 40 minutes, 24 h/24 Bus 100 Express, 3,00 lei, 40 à 50 minutes, toutes les 15 à 20 minutes
Aéroport en VTC 15 000 à 19 000 forints, au tarif entré en vigueur le 1er août 2026 60 à 130 lei en Uber ou Bolt, 30 à 50 minutes (indicatif, ce n’est pas un tarif réglementé)
Déjeuner deux plats, version économique Goulasch de bœuf chez Frici Papa, 1 099 forints ; napi menü 2 000 à 3 500 forints dans toute la ville Berăria H 29,90 lei ; Caru’ cu Bere 38,90 lei ; Hanu’ lui Manuc 40,90 lei
Bière en bar central (0,5 l) 1 000 à 1 800 forints dans les ruin bars grand public (relevé de février 2026) 18,80 à 22,50 lei au Curtea Berarilor, vieille ville (carte de l’établissement)
La grosse dépense Bains Széchenyi, 13 200 forints en semaine Palais du Parlement, visite standard, 85,00 lei
Journée de spa, version budget Bains Dandár, 3 500 forints en semaine Therme București, pass Galaxy, 141 lei en semaine

Les prix sont en forints et en lei, c’est ce que vous payez à la caisse. Conversion sur la base de 1 EUR = 364 forints et 1 EUR = 5,25 lei, taux BCE du 31 juillet 2026. Le taux évolue, les montants convertis sont donc indicatifs.

Une remarque sur les tarifs bucarestois : une hausse a été approuvée puis reportée deux fois, en dernier lieu au 1er juillet 2026. La grille ci-dessus est celle affichée par la STB le 3 août 2026, et un coup d’œil avant de partir coûte moins cher qu’une supposition.

Ce que le tableau dit vraiment

Bucarest gagne tout ce qui comporte un tourniquet, et de loin. Un titre 24 heures intégré à 3,45 euros contre 7,55. Un bus d’aéroport à 0,60 euro contre 6,85. Ce n’est pas un écart d’arrondi, c’est une autre philosophie tarifaire, et sur quatre jours avec une arrivée et un départ, cela finit par se voir sur le relevé bancaire.

Le plancher des repas est presque à égalité, ce qui va surprendre. Le deux plats de Berăria H, à 5,70 euros, se loge à l’intérieur de la fourchette budapestoise du napi menü, 5,50 à 9,60 euros. Le plancher absolu de Budapest est plus bas, et le goulasch à 1 099 forints de chez Frici Papa reste le plat chaud le moins cher de cette page, mais la somme qu’un visiteur sort réellement de sa poche tombe à un euro près des deux côtés.

La bière est un match nul. Un demi au Curtea Berarilor coûte 18,80 à 22,50 lei pour une Timișoreana ou une Azuga non filtrée, la Pilsner Urquell montant à 27,80. Les ruin bars grand public de Budapest tournaient entre 1 000 et 1 800 forints lors de notre relevé de février 2026. Là où Budapest reprend l’avantage, c’est l’étage en dessous, et il porte des noms : le Tóth Kocsma, rue Falk Miksa, sert autour de 500 forints depuis 1987, le Kakas Presszó entre 600 et 800, le Bambi Eszpresszó entre 700 et 900. Un demi à un euro et demi dans une capitale européenne, en 2026.

Un chiffre de dîner que nous assumons : au Curtea Berarilor, dans la vieille ville, un repas complet pour deux, soit deux bols de ciorbă (la soupe aigre, le déjeuner par défaut en Roumanie), cinq mici, une échine de porc de 200 grammes, deux papanași et deux pressions, revient à 296,60 lei sur la carte affichée, environ 56 euros. Nous n’en faisons pas une manche pour autant : comparer une addition détaillée à une fourchette par personne, c’est ainsi que les comparatifs égarent leur lecteur sans le vouloir.

Pour le cadrage général, l’indice Eurostat des niveaux de prix pour la restauration et l’hôtellerie, données 2024, moyenne européenne à 100, place la Roumanie à 69 et la Hongrie à 72. Marginalement moins cher au niveau national. Les deux capitales tirent au-dessus de la moyenne de leur pays, donc lisez cela comme une direction plutôt que comme une remise. Le détail des prix locaux face aux prix touristiques, côté Budapest, se trouve dans notre page coût de la vie à Budapest.

Eau thermale contre culture du bain

C’est la section où il serait le plus facile d’être injuste, donc la correction d’abord : Bucarest a bien de l’eau thermale. Vous lirez le contraire à peu près partout, et c’est faux.

Therme București a ouvert en 2016, puise à 3 000 mètres de profondeur, maintient ses dix bassins à 33 degrés constants et traite l’eau par ozonation. Le pass à la journée coûte 141 lei en semaine et 151 le week-end pour l’espace Galaxy, 202 et 217 lei pour Elysium. C’est un grand complexe de loisirs moderne et sérieusement équipé, avec des toboggans et des palmeraies dont Budapest n’a aucune version, et si vous voyagez avec des enfants, c’est une meilleure journée que n’importe quel bain budapestois.

Bucarest prend donc cette manche proprement. L’écart est ailleurs, et il est plus large que l’eau.

Budapest est assise sur plus de 120 sources thermales et traite le bain comme une activité de semaine plutôt que comme un achat bien-être. Vérifié en juillet 2026 sur les tarifs officiels dans notre comparatif des prix des bains : le Lukács est à 7 000 forints en semaine et puise dans le même réseau souterrain que les bains célèbres, à moitié prix. Le Rudas, environ 460 ans, coupole ottomane, bassin sur le toit au-dessus du Danube, est à 12 000 forints du lundi au jeudi et 15 000 du vendredi au dimanche. Le Széchenyi, le jaune de toutes les photos, coûte 13 200 forints en semaine et 14 800 le week-end, et son billet Good Morning à 10 500 forints avant 9 heures reste la façon raisonnable d’y entrer. Le Dandár, dans le neuvième arrondissement, clientèle entièrement locale, est à 3 500 forints. Une correction pour les guides plus anciens encore ouverts dans vos onglets : le Gellért est fermé pour rénovation depuis octobre 2025 et ne rouvrira pas avant 2028, donc tout itinéraire construit autour relève de la fiction.

Retenez un mot hongrois avant de partir : fürdő (le bain, prononcez à peu près « FUR-deu »). Il est écrit sur un bâtiment sur deux dans cette ville, et l’argument tient à peu près là.

Ce que nous vous conseillons d’éviter, et c’est dans notre camp : le Széchenyi un après-midi de week-end. Épaule contre épaule, groupes en autocar, acoustique de parc aquatique. En semaine, avant 9 heures, ou un autre bain. Tous ceux qui fonctionnent, classés : bains thermaux.

Se déplacer, et ce que coûte l’arrivée

Bucarest gagne cette manche sans discussion, et c’est le point le plus concret de la page.

Le Bus 100 Express relie Otopeni au centre pour 3,00 lei, toutes les 15 à 20 minutes, en 40 à 50 minutes. L’équivalent budapestois, le 100E Airport Express, coûte 2 500 forints pour un trajet d’une quarantaine de minutes, 24 heures sur 24. Une remise budapestoise mérite d’être connue : si vous détenez déjà un titre valable Budapest, comitat de Pest ou Hongrie, le 100E tombe à 1 000 forints, à condition de l’acheter dans l’application BudapestGO. En vigueur depuis le 1er octobre 2025, et à peu près personne n’en parle à l’arrivée.

Un train relie aussi Gara de Nord à Gara Aeroport en 22 à 25 minutes, 24 heures sur 24, à environ 40 minutes d’intervalle.

Les taxis sont la contrariété des deux villes, dans une forme identique. Le tarif budapestois a augmenté le 1er août 2026 : 1 300 forints de prise en charge, 520 du kilomètre, 130 de la minute, et un supplément aéroport de 800 forints qui place une prise en charge à l’aéroport à 2 100 forints avant que les roues ne tournent, pour 15 000 à 19 000 forints jusqu’au centre de Pest. Le problème bucarestois porte deux adresses précises, Otopeni et Gara de Nord, toujours signalées par l’office de tourisme roumain et par le Foreign Office britannique, aux côtés du vol à l’esbroufe et du clonage de carte dans les bars. La parade est la même des deux côtés et elle est ennuyeuse : les applications, jamais le monsieur qui vous aborde aux arrivées.

Sur la marche à pied, Budapest reprend la main. Le centre est compact, les deux rives se parcourent à pied, et le tramway va vraiment là où un visiteur veut aller. Bucarest s’étale davantage, avec de larges boulevards et une circulation dense entre les bons quartiers, et vous utiliserez ces transports bon marché plutôt que de choisir de marcher.

Vie nocturne : ruin bars contre Lipscani

L’argument budapestois tient en deux mots, densité et étrangeté. Le septième arrondissement empile ruin bars, bars à vins, caves à cocktails et clubs dans un quadrillage qui se fait à pied, et les ruin bars restent le format que personne n’a copié proprement : des immeubles d’avant-guerre où chaque pièce se comporte comme un bar différent. Une soirée complète sur deux ou trois adresses tombe entre 8 000 et 15 000 forints. Le tri par genre est dans la page bars et vie nocturne, et le classement maison dans les meilleurs ruin bars.

L’argument bucarestois s’appelle Lipscani, et il est réel. La vieille ville est un quadrillage piéton de bars et de terrasses, plus dense, moins cher et plus uniforme que le septième arrondissement, qui bascule en mode club après minuit, avec une saison des rooftops de mai à septembre. Ce qu’il n’a pas, c’est la bizarrerie. Vous passerez une soirée moins chère à Bucarest et une soirée plus étrange à Budapest, et laquelle des deux vaut mieux relève du goût plutôt que d’un verdict que nous pourrions vous tendre.

Excursions : là où Bucarest prend le large

C’est la manche que les partisans de Budapest ne voient pas venir.

Depuis Bucarest, Sinaia est à environ 1 h 45 de train pour une trentaine de lei, et le château de Peleș est la raison du déplacement : une résidence royale du XIXe siècle qui compte parmi les bâtiments les plus photographiés de Roumanie. L’entrée adulte pour le rez-de-chaussée et le premier étage coûte 100 lei, l’ouverture va du mercredi au dimanche, fermeture le lundi et le mardi, et la jauge est plafonnée à 2 000 visiteurs par jour sur billets horodatés en ligne, donc réservez plutôt que de vous présenter. Brașov est 45 à 60 minutes plus loin sur la même ligne, et derrière, les Carpates ouvrent sur un voyage plutôt que sur une journée.

Budapest répond avec la vieille ville peinte de Szentendre, à 40 minutes de train de banlieue, les bourgs de la boucle du Danube, Esztergom et Visegrád, qui s’enchaînent en une journée le long du fleuve, et le lac Balaton à environ 90 minutes, avec une eau où l’on se baigne vraiment. Ce sont d’agréables journées. La Transylvanie à la porte, c’est une autre catégorie, et prétendre le contraire serait ridicule.

Aller de l’une à l’autre

Prenez l’avion, sauf si le trajet est le but. Et vérifiez l’aéroport avant de réserver quoi que ce soit d’autre.

Le piège Wizz. Wizz Air relie Budapest à Băneasa (BBU), pas à Otopeni. La compagnie a déplacé la ligne le 30 mars 2025, et Băneasa figurait toujours sur la page transporteurs de l’aéroport de Budapest fin juillet 2026. TAROM, elle, dessert Otopeni (OTP). Ce sont deux aéroports situés de part et d’autre de la ville, Băneasa à environ 8 kilomètres au nord du centre, Otopeni à environ 17. Réservez Wizz avec un transfert prépayé pour Otopeni et vous le découvrirez à 22 h 20, valises à la main.

Wizz assure la liaison tous les jours en 1 h 25 sur A321neo, le W6 3292 quittant Budapest à 19 h 55 pour se poser à 22 h 20. TAROM dessert Otopeni huit fois par semaine, même durée de vol. Ryanair ne fait pas cette ligne. À l’automne 2026, les allers simples démarrent autour de 23 dollars sur Wizz, octobre ressortant comme le mois le moins cher aux alentours de 17, quand le premier prix TAROM se situe à 151. Ce sont des relevés d’agrégateur et non des tarifs de compagnie, et ils bougent.

Le train vaut bien mieux que sa réputation, et le folklore à son sujet est périmé. Il y a quatre trains directs par jour, pas un. Le plus rapide est l’Ister (IC 473), qui quitte Keleti à 19 h 10 et arrive à București Nord à 10 h 37 le lendemain, en 14 h 27. Il emporte une voiture-lits roumaine climatisée avec compartiments de un, deux et trois lits, une voiture-couchettes à quatre et six places, et des voitures à sièges, avec une voiture-bar généralement attelée sur la partie roumaine. Une couchette en compartiment de six démarre autour de 40 euros en réservant à l’avance, ce qui économise une nuit d’hôtel et vous dépose en plein centre plutôt que dans un aéroport. Le Dacia (D 347) part de Kelenföld à 21 h 55 et met 14 h 43, avec des voitures-lits à douche et toilettes privatives. Les deux trains de jour, Traianus et Muntenia, demandent environ 17 h 30 et circulaient avec substitution partielle par autocar pour travaux, donc vérifiez avant de vous engager. Le Traianus est l’option économique, à partir de 26 euros environ en seconde classe. Réservation sur bileteinternationale.cfrcalatori.ro ou mav-start.hu, 60 à 90 jours à l’avance.

Que le trajet demande 14 heures n’a rien de surprenant : le réseau roumain circule à 43 km/h de moyenne, parmi les plus lents de l’Union. Cela s’améliore, et un parcours de mars 2026 sur les 169 kilomètres de Sighișoara à Simeria a tenu 125 km/h de moyenne, 38 % de mieux qu’en 1995, ce que les associations d’usagers ont accueilli avec l’enthousiasme que l’on imagine chez des gens qui attendent depuis 1995.

Oubliez l’autocar. FlixBus en aligne treize par jour à partir de 14 h 30 de trajet, pour environ 67 dollars. C’est plus lent que le train le plus rapide, plus cher que la couchette la moins chère, et vous dormez assis. Il n’existe aucune version de ce voyage où le bus est la bonne réponse.

Ne prenez la voiture que si la Transylvanie est le sujet. Comptez 821 à 835 kilomètres et 8 h 30 à 9 h 30 de conduite pure, avec passage à Nădlac et Nagylak sur la M43 et l’A1, le poste-frontière le plus fréquenté entre les deux pays, ouvert en continu. Les deux pays sont dans Schengen, les contrôles sont donc légers, mais l’A1 est réellement inachevée : 487 kilomètres ouverts sur 581 prévus en juin 2025, et le tronçon carpatique entre Pitești et Sibiu a sa deuxième section programmée pour 2028. Vous aurez de l’autoroute jusqu’à Deva, de la route de montagne au milieu, de l’autoroute à nouveau près de Bucarest. En road trip par Sibiu et Brașov, c’est une bonne semaine. En simple transfert, c’est deux journées perdues.

Faire les deux, et qui prend laquelle

Vous êtes Verdict Pourquoi
Premier séjour dans la région Budapest Plus de journées différentes par euro, et la culture du bain n’existe nulle part ailleurs à cette densité
Budapest déjà faite Bucarest La vraie sous-visitée, avec la Transylvanie derrière et aucun problème d’affluence
Petit budget Bucarest, de peu Transports et navettes coûtent une fraction du prix budapestois ; le plancher des repas est à égalité, donc l’écart est plus étroit qu’internet ne le raconte
En voyage avec des enfants Partagé Budapest pour une matinée de bains qui tient lieu de visite, Bucarest pour Therme, qui est la meilleure vraie sortie
Séjour orienté vie nocturne Budapest pour l’amplitude, Bucarest pour le prix Ruin bars, rooftops et bars à vins dans un seul quartier contre un Lipscani plus dense et moins cher
Passionné d’architecture Les deux, pour des raisons opposées La beauté habsbourgeoise continue contre le Palais du Parlement, 365 000 m², le bâtiment le plus lourd du monde
Décidé à faire les deux En avion 1 h 25 et moins de 30 euros sur Wizz à l’automne, mais atterrissez au bon aéroport

Qui vous dit que ces deux villes sont trop éloignées pour être combinées n’a pas regardé. Un saut de 1 h 25 à moins de 30 euros, c’est plus court et moins cher qu’un Londres-Édimbourg. Quatre nuits à Budapest et trois à Bucarest, avec une journée à Sinaia dedans, font une semaine propre, et si vous préférez l’Ister à l’avion, prenez-le dans le sens Budapest vers Bucarest, pour vous réveiller ailleurs.

Si Prague ou Vienne figurent aussi sur votre liste, nous avons passé les deux au même test : le comparatif Budapest ou Prague et le comparatif Budapest ou Vienne.

Dans un sens comme dans l’autre, partez pour une raison, pas sur un tirage au sort entre deux noms qui riment en anglais. L’une est une ville de bains légèrement chaotique où un mardi matin dans une eau à 38 degrés coûte moins cher qu’un déjeuner. L’autre est une capitale moins chère, plus vide et plus rapide, avec un château dans la montagne derrière elle et un bâtiment que l’on distingue depuis l’espace. Aucune des deux n’est l’autre, et plus personne ne pourra vous soupçonner de les avoir confondues.

Prix budapestois vérifiés sur les tarifs officiels et nos propres relevés aux dates indiquées par poste (bains et transports 3 août 2026, ruin bars février 2026, restaurants selon la mise à jour de juillet 2026 de nos guides). Prix bucarestois issus de sources roumaines officielles : grille tarifaire stb.ro, tarifs therme.ro, tarifs des visites cic.cdep.ro, peles.ro, et cartes publiées du Curtea Berarilor, de la Berăria H, du Caru’ cu Bere et du Hanu’ lui Manuc, tous consultés le 3 août 2026. Horaires aériens d’après budapest-airport.com et flightconnections ; les tarifs d’automne sont des relevés d’agrégateur, pas des tarifs de compagnie, et ils bougent. Horaires ferroviaires d’après une interrogation en direct des grilles CFR et MÁV pour le 4 août 2026. Classement de maîtrise de l’anglais d’après l’indice EF EPI 2025 ; indice des niveaux de prix d’après Eurostat, données 2024. Conversions à 364 forints et 5,25 lei pour un euro (taux de référence BCE du 31 juillet 2026), recoupées avec le relevé BNR du 3 août 2026.

Bon à savoir

Pourquoi Budapest et Bucarest se ressemblent-elles autant ?

À cause de l'orthographe anglaise, essentiellement. Le nom de Budapest est fait de deux villes agrafées ensemble, Buda et Pest, réunies à Óbuda en 1873. Bucarest est la transcription de București, capitale d'un autre pays situé à 616 kilomètres, où la langue est romane et non finno-ougrienne, et où l'on paie en lei et non en forints. La confusion est assez répandue pour que Google la propose en question suggérée sur presque toutes les recherches concernant ce duo, donc si vous avez mélangé les deux, vous êtes très bien accompagné.

Bucarest a-t-elle des bains thermaux comme Budapest ?

Bucarest a de l'eau thermale. Elle n'a pas de culture du bain. Therme București a ouvert en 2016, puise son eau à 3 000 mètres de profondeur, maintient ses dix bassins à 33 degrés constants, et c'est un très grand complexe de loisirs bien tenu, pass à la journée à partir de 141 lei en semaine. C'est un établissement, moderne, unique. Budapest est assise sur plus de 120 sources thermales et fait tourner cinq bains historiques en plein centre, tous les jours, le moins cher à 3 500 forints. Qui vous dit que Bucarest n'a pas d'eau thermale répète une légende. Le vrai écart est ailleurs : à Budapest, le bain est un mardi ordinaire ; à Bucarest, c'est une sortie où l'on se rend.

Bucarest est-elle moins chère que Budapest ?

Pour quatre nuits de visiteur, oui, mais pas partout et pas dans les proportions que suggèrent les calculateurs de coût de la vie. Bucarest est nettement moins chère sur les transports et la navette d'aéroport : 18,00 lei le titre 24 heures intégré contre 2 750 forints, et un bus d'aéroport à 3,00 lei contre 2 500 forints. Manger dehors est presque à égalité au niveau courant, et la bière est un match nul. L'indice Eurostat des niveaux de prix pour la restauration et l'hôtellerie, données 2024, place la Roumanie à 69 et la Hongrie à 72 pour une moyenne européenne de 100 : même direction, sans promesse d'écart spectaculaire.

Hongrie ou Roumanie, laquelle visiter ?

Deux voyages différents. La Hongrie est le pays compact, celui de la culture thermale, et Budapest y porte presque tout à elle seule. La Roumanie est le pays plus vaste, plus sauvage et beaucoup moins fréquenté, et Bucarest y sert davantage de porte d'entrée que de destination : Sinaia et le château de Peleș sont à environ 1 h 45 de train, Brașov 45 à 60 minutes plus loin, et la Transylvanie derrière vaut une semaine entière. Avec quatre jours, prenez Budapest. Avec dix jours et un goût pour la montagne, la Roumanie vous en donnera davantage.

Comment aller de Budapest à Bucarest ?

En avion, sauf si le trajet est le but. Wizz Air dessert Băneasa tous les jours en 1 h 25 et TAROM dessert Otopeni huit fois par semaine dans le même temps, avec des allers simples d'automne 2026 démarrant autour de 23 dollars sur Wizz contre 151 sur TAROM. Il existe aussi quatre trains directs par jour, et le plus rapide, l'Ister de nuit, met 14 h 27, avec voiture-lits et couchettes à partir d'une quarantaine d'euros, ce qui économise une nuit d'hôtel. L'autocar est plus lent que le train et plus cher que la couchette la moins chère, donc il n'y a aucune version de ce voyage où il est la bonne réponse.

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Écrit par des locaux du VIIe arrondissement de Budapest. Sans filtre.

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