Hagymatikum, le dernier bâtiment de Makovecz, et la boue que les habitants de Makó viennent chercher

Dernière mise à jour: 2026-07-19·10 min de lecture
Sur cette page
  1. Pourquoi rouler deux heures pour un bain thermal ?
  2. L’architecture, au-delà des coupoles
  3. Les tarifs 2026, vérifiés
  4. Ce qu’il y a vraiment dans le complexe
  5. Y aller depuis Budapest
  6. Quand y aller
  7. Les vrais points faibles
  8. Alors, ça vaut le coup ?
  9. Questions fréquentes sur le Hagymatikum
  10. Comment prononce-t-on Hagymatikum ?
  11. Peut-on y aller sans voiture ?
  12. Est-ce bien pour les enfants ?
  13. Les soins médicaux valent-ils la peine ?
  14. Peut-on acheter ses billets en ligne ?

Deux heures de route depuis Budapest pour un bain thermal : ça se justifie si l’architecture vous intéresse, et assez peu sinon. Le Hagymatikum est le dernier bâtiment d’Imre Makovecz, un bain dont les coupoles semblent avoir poussé plutôt qu’avoir été construites, et l’entrée démarre à 5 900 HUF en semaine en 2026.

La colonne de bois en arbre de vie qui s’élève dans l’atrium sous coupole du Hagymatikum, à Makó Photo : Random photos 1989, CC0

Dans le sud de la Hongrie, un bâtiment ressemble à des oignons géants qui s’incurvent vers le ciel, ce qui tombe plutôt bien : Makó cultive l’oignon et en vit depuis le XVIIIe siècle. À l’intérieur, un arbre de vie en bois de dix mètres traverse l’atrium, la vapeur passe devant des ailes d’ange sculptées dans les murs, et rien là-dedans ne relève du hasard.

Le Hagymatikum (prononcez à peu près « hodj-ma-TI-koum ») a été le dernier et le plus vaste chantier de l’architecte le plus célèbre de Hongrie, Imre Makovecz. Il est mort en 2011, un an avant l’ouverture de 2012. Ce qu’il laisse derrière lui n’a pas vraiment d’équivalent ailleurs en Europe : un bain qui se lit davantage comme une structure vivante que comme un bâtiment de bien-être.

Pourquoi rouler deux heures pour un bain thermal ?

Budapest a déjà ses bains de réputation mondiale. Trois choses font quand même le déplacement.

L’architecture. Makovecz a passé sa carrière à s’opposer aux boîtes sans caractère de la Hongrie communiste, en développant ce qu’il appelait l’architecture organique : des structures qui citent les formes naturelles plutôt que la ligne droite. Le Hagymatikum est son dernier mot sur le sujet. Chaque poutre s’incurve, chaque fenêtre cadre le ciel autrement, et les coupoles en bulbe renvoient aussi bien au passé maraîcher de Makó qu’à des formes organiques plus anciennes, la graine, la cellule.

L’eau et la boue. Les puits thermaux ont été forés ici en 1956, et l’eau qui remonte de 1 200 mètres porte assez de calcium, de magnésium et de soufre pour décrocher la certification officielle d’eau médicinale. La boue de la Maros utilisée en soin vient de la rivière voisine et contient du fer, des sulfates, du quartz et de l’halloysite, des minéraux qui passent par la peau. Ses effets sur l’inflammation et sur la mobilité dans les troubles musculo-squelettiques sont documentés, ce que les habitués d’ici n’ont jamais eu besoin qu’on leur explique.

Le monde, ou plutôt son absence. Quand Széchenyi sature les week-ends d’été, le Hagymatikum reste vraiment calme, avec surtout des gens du coin qui viennent depuis plus de dix ans.

Un mot hongrois à retenir ici : hagyma (« hodj-mo »), l’oignon. Il est dans le nom du bâtiment et dans toute l’identité de Makó ; vous le verrez sur les cartes des restaurants et sur les étals du marché.

L’architecture, au-delà des coupoles

La plus grande coupole couvre le bassin thermal principal, et se tenir dessous tient plus de la cathédrale que du spa. La colonne de l’arbre de vie, dix mètres de bois, traverse l’atrium central. Makovecz la voulait au départ en cascade en fonctionnement, mais les ingénieurs ont établi que l’humidité abîmerait la charpente de bois collé ; elle est donc devenue sculpture, entourée de têtes sculptées, de motifs de feuilles et d’ailes d’ange.

Les coupoles latérales font signe à la tradition du bain turc, référence aux quelque 150 ans de domination ottomane sur la Hongrie. Des puits de lumière en étoile filtrent le jour vers les bassins. C’est beaucoup, on vous l’accorde. Mais face au paysage habituel des centres de bien-être en verre et acier, se baigner dans un bâtiment qui a autant de caractère procure un vrai plaisir.

Les tarifs 2026, vérifiés

Billets journée (accès à tous les bassins) :

Billet Semaine Forte affluence (ven-dim + dates signalées)
Adulte (18-60 ans) 5 900 HUF (environ 16 €) 6 500 HUF (environ 18 €)
Enfant et jeune (moins de 25 ans, carte étudiante) 4 500 HUF (environ 12 €) 4 800 HUF (environ 13 €)
Senior (60 ans et plus) 4 500 HUF (environ 12 €) 4 800 HUF (environ 13 €)
Famille (2 adultes + 1 enfant de moins de 14 ans) 12 900 HUF (environ 35 €) 14 900 HUF (environ 41 €)
Enfant supplémentaire (moins de 14 ans) 2 200 HUF (environ 6 €) 2 400 HUF (environ 6,5 €)

Billets après-midi (à partir de 16h) : adulte 3 900 HUF en semaine (environ 11 €) et 4 200 HUF en forte affluence (environ 11,5 €) ; enfant, jeune et senior 2 900 HUF (environ 8 €) et 3 200 HUF (environ 9 €).

Billet de nuit (vendredi et samedi, 19h-22h) : 2 800 HUF (environ 8 €), tarif unique.

Suppléments : accès aux toboggans à la journée 1 500 HUF (environ 4 €), 2 000 HUF en forte affluence (environ 5,5 €) ; Sauna World 2 400 HUF en semaine (environ 6,5 €) et 2 800 HUF en forte affluence (environ 8 €) ; expérience VR, deux films, 1 900 HUF (environ 5 €) ; et un billet All-In qui réunit l’entrée, le Sauna World, les toboggans et dix minutes d’hydromassage pour 9 900 HUF en semaine (environ 27 €) et 10 900 HUF en forte affluence (environ 30 €).

Les moins de 3 ans entrent gratuitement. La page officielle de billetterie indique les promotions familles saisonnières du moment, qui tournent.

Location de serviette : 1 000 HUF (environ 3 €) plus 4 000 HUF de caution (environ 11 €). Serviette de sauna : même tarif. Location de coffre : 500 à 1 000 HUF (environ 1,5 à 3 €) plus 4 000 HUF de caution. Apportez votre serviette si vous le pouvez : en famille, les cautions montent vite.

Les prix sont en HUF, c’est ce que vous payez à la caisse. Conversion sur la base de 1 EUR = 364 HUF, taux BCE du 6 août 2026. Le taux évolue, les montants convertis sont donc indicatifs.

Ce qu’il y a vraiment dans le complexe

Quinze bassins répartis sur quelque 7 000 mètres carrés : bassins thermaux intérieurs, bassins d’aventure extérieurs, un bassin de nage et une pataugeoire. Le bassin thermal principal, sous la coupole centrale, est la pièce maîtresse visuelle, chaud et franchement minéral.

Le Sauna World aligne neuf saunas différents, finlandais et infrarouge compris, avec des séances d’Aufguss programmées où les maîtres de sauna mènent des rituels aromatiques aux huiles essentielles tout au long de la journée. Un espace enfants sur le thème de la forêt de Sherwood, toboggans et bassins à jets, se classe régulièrement parmi les meilleurs de tous les bains hongrois, et le parc de toboggans Atlantisz s’est agrandi en 2024 avec de nouveaux toboggans ouverts toute l’année, pour les adolescents qui ont fait le tour du trempage.

Le service médical propose des enveloppements de boue sous contrôle médical, des bains de traction vertébrale et des massages sous eau à jet, tous sur réservation préalable. Les massages vont d’environ 5 300 à 9 500 HUF (environ 15 à 26 €) selon la durée et le type de soin ; faites confirmer le tarif du jour au moment de réserver, il bouge plus souvent que celui des billets.

Y aller depuis Budapest

En voiture (le plus simple) : l’autoroute M5 vers le sud en direction de Szeged, puis la route 43 jusqu’à Makó. Environ 2 heures en circulation normale, stationnement gratuit sur place.

En train et en bus : les InterCity relient Budapest-Nyugati à Szeged en 2 heures environ, puis un bus de correspondance couvre Szeged-Makó en 30 à 40 minutes. Comptez 2h30 à 3h au total et vérifiez les horaires MÁV et ceux des bus régionaux du moment, tarifs et horaires bougeant.

En FlixBus : des liaisons directes existent mais sur un service limité ; vérifiez les horaires du jour avant de compter dessus.

Szeged est à 30 minutes, avec son architecture Art nouveau et son propre bain thermal, de quoi transformer l’aller-retour en week-end plutôt qu’en course.

Quand y aller

Les matinées de semaine, dès l’ouverture à 9h, sont la fenêtre calme : surtout des retraités, presque pas de bruit. Vers 11h les familles arrivent ; le week-end après-midi, c’est franchement plein. Les séances de nuit du vendredi et du samedi (19h-22h) attirent un public tout autre, plus jeune, plus sociable, plus proche du rendez-vous en eau chaude que du soin.

L’hiver a vraiment quelque chose ici, la vapeur qui monte des bassins extérieurs pendant qu’il neige. L’été, juillet et août surtout, est la période la plus chargée de l’année.

Les vrais points faibles

Makó n’est proche de rien d’autre sur un itinéraire budapestois classique. Si vous n’avez que quelques jours en Hongrie, plus de quatre heures d’aller-retour se prennent directement sur votre temps dans la capitale. L’anglais du personnel est limité par endroits : prévoyez une application de traduction pour tout ce qui dépasse la réservation de base. Et au-delà du bain, Makó est une petite ville agricole en activité, une place centrale, quelques restaurants, peu de vie nocturne. Associez-la à Szeged si vous voulez autre chose à faire autour de l’eau.

Alors, ça vaut le coup ?

Si vous n’êtes à Budapest que quelques jours, restez sur Széchenyi ou Rudas : plus près, et excellents sur leur propre terrain. Si vous avez une semaine complète en Hongrie, une voiture, ou un vrai intérêt pour l’architecture, le Hagymatikum mérite le détour. Pour un autre complexe thermal de province qui vaut le déplacement, l’Aquaticum de Debrecen entre dans la même catégorie ; notre rubrique bains thermaux le range avec le reste.

Questions fréquentes sur le Hagymatikum

Comment prononce-t-on Hagymatikum ?

À peu près « hodj-ma-TI-koum ». Le nom réunit hagyma, l’oignon, et le suffixe latin « -tikum », en référence à la fois au passé maraîcher de Makó et aux coupoles en bulbe du bâtiment.

Peut-on y aller sans voiture ?

Oui, mais ça demande un effort : train de Budapest à Szeged, puis bus jusqu’à Makó. Certains hôtels organisent une navette pour leurs clients.

Est-ce bien pour les enfants ?

Oui. L’espace enfants sur le thème de la forêt de Sherwood est l’un des plus solides de tous les bains hongrois. Les moins de 3 ans entrent gratuitement.

Les soins médicaux valent-ils la peine ?

Si vous avez des douleurs articulaires ou un trouble musculo-squelettique, les soins à la boue de la Maros et les bains de traction vertébrale ont un vrai fondement thérapeutique. Réservez à l’avance et apportez votre dossier médical si vous voulez faire traiter une pathologie précise.

Peut-on acheter ses billets en ligne ?

Oui, par la page officielle de billetterie, recommandée le week-end et en haute saison pour éviter la file.

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Écrit par des locaux du VIIe arrondissement de Budapest. Sans filtre.

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