Le guide anti-rooftop : sept bars de Budapest qui misent sur autre chose que la vue
Sur cette page
- Sept bars, en un coup d’œil
- Kisüzem : le café qui se transforme en bar à la tombée du jour
- Gólya Presszó : le bar que ses habitués ont aidé à reconstruire
- Csendes Létterem : une salle qui ne se répète jamais deux fois
- Hotsy Totsy : le speakeasy qui ne sert que les clients assis
- Élesztőház : une ancienne verrerie devenue campus de la bière
- Fekete Kutya : le petit repaire de quartier qui accueille les chiens
- Gdansk Könyvesbolt : la librairie polonaise qui sert aussi de la vodka
- Pour la suite de votre soirée
- Ce qu’il faut retenir
Un rooftop de Budapest vous fait payer la montée en ascenseur, puis ferme la terrasse dès la première goutte de pluie. Ces sept bars n’ont pas ce problème, parce qu’aucun n’a de vue à vendre. Ce qu’ils ont à la place : un pub coopératif que ses habitués ont aidé à reconstruire, une librairie qui sert de la vodka entre les rayonnages, et une ancienne verrerie transformée en campus dédié à la bière artisanale.
Aucune de ces adresses n’a été choisie pour son côté confidentiel. Les habitués y retournent chaque semaine. Elles sont sur cette liste parce que ce qui les rend intéressantes n’a rien à voir avec l’altitude.
Sept bars, en un coup d’œil
| Bar | Ce qui le rend différent | Arrondissement | Grille de prix | Accès direct |
|---|---|---|---|---|
| Kisüzem | Repaire local porté sur l’art, concerts, immense rayon de whiskies et de rhums | VII | $$ | Kisüzem |
| Gólya Presszó | Coopérative gérée par ses membres, salle de concert, prix serrés | VIII | $ | Gólya Presszó |
| Csendes Létterem | Décor maximaliste, calme en journée, bar à vin jumeau juste à côté | V | $$ | Csendes Létterem |
| Hotsy Totsy | Speakeasy années 1920, service assis uniquement | VII | $$$ | Hotsy Totsy |
| Élesztőház | Complexe de bière artisanale dans une ancienne verrerie | IX | $$ | Élesztőház |
| Fekete Kutya | Petit gastropub qui accueille les chiens | VII | $$ | Fekete Kutya |
| Gdansk Könyvesbolt | Minuscule librairie-bar polonaise, ouverte en semaine seulement | XI (Buda) | $ | Gdansk Könyvesbolt |
(Grille de prix : $ = abordable, $$ = modéré, $$$ = premium. Aucun de ces bars ne publie de liste de prix complète en ligne, donc traitez chaque chiffre de cette page comme la dernière estimation vérifiée plutôt que l’addition exacte de ce soir.)
Les prix sont en HUF, c’est ce que vous payez à la caisse. Conversion sur la base de 1 EUR = 364 HUF, taux BCE du 31 juillet 2026. Le taux évolue, les montants convertis sont donc indicatifs.
Kisüzem : le café qui se transforme en bar à la tombée du jour
Sur Kis Diófa utca, dans le VIIe arrondissement, Kisüzem tient un café le jour et quelque chose de plus proche d’un bar le soir, sans jamais vraiment changer de costume. Brique apparente, grandes fenêtres, art local qui change au fil des mois. C’est le genre de salle où un ordinateur portable et une carte de cocktails coexistent sans que personne s’en formalise.
La carte des boissons dépasse largement la taille de la salle : environ 130 rhums et 40 whiskies selon les décomptes, aux côtés de vins hongrois et d’une carte de cocktails qui tourne. Les dimanches amènent parfois du jazz live ou un film muet accompagné en direct. Une nouvelle exposition s’installe la plupart des mois.
Passez votre chemin si : vous détestez chercher une place assise. Le week-end, une soirée de vendredi ou de samedi transforme la chasse au siège en vrai sport, et l’acoustique ne fait aucun cadeau pendant un set live. Les bières tournaient autour de 800-1 200 HUF et le verre de vin hongrois autour de 1 000-1 500 HUF, mais les cartes évoluent et nous n’avons pas pu revérifier ces chiffres sur une liste de prix actuelle cette fois-ci.
Pour y aller : Kis Diófa u. 2, 1077 Budapest. Facebook tient les événements à jour.
Gólya Presszó : le bar que ses habitués ont aidé à reconstruire
Gólya, la « cigogne », se présente comme un presszó coopératif, et le mot n’est pas décoratif : les personnes qui le font tourner se partagent le travail et les décisions. Il s’est installé dans un ancien bâtiment industriel, Orczy út 46-48, en 2018, avec l’aide de ses soutiens pour reconstruire l’espace, et il y est resté depuis, enchaînant concerts, soirées cinéma, ateliers et soirées jeux de société sur plusieurs niveaux, avec même sa propre terrasse en hauteur (ironique, vu le sujet de ce guide).
D’anciens articles évoquent une incertitude sur l’avenir du bâtiment de Gólya. Cette histoire date d’avant le déménagement de 2018 : l’adresse est installée Orczy út depuis des années, et son programme d’événements 2026 est aussi chargé que celui de n’importe quel lieu en activité normale.
Passez votre chemin si : le quartier vous inquiète. Le VIIIe arrondissement, près de l’ancien site de l’usine Ganz, n’a rien d’une rue léchée du centre-ville, et certains visiteurs y lisent une ambiance interlope plutôt qu’authentique. Les prix visent les habitués, avec une réduction pour les membres ; nous n’avons pas pu confirmer un prix de bière actuel sur une carte cette fois-ci, considérez donc « bon marché » comme une tendance plutôt qu’un chiffre précis.
Pour y aller : Orczy út 46-48, 1083 Budapest. Facebook pour le calendrier des événements.
Csendes Létterem : une salle qui ne se répète jamais deux fois
Près d’Astoria, au Ferenczy István u. 5, Csendes Létterem a repris l’ancien local du Café Fiume et l’a rempli de mobilier vintage dépareillé, de bibelots du sol au plafond et d’assez de curiosités façon cabinet de curiosités pour que chaque place offre une vue différente. Le résultat ressemble davantage à un salon surréaliste qu’à un ruin bar, plus adapté à un café d’après-midi ou un premier verre qu’à une soirée bruyante.
Quelques portes plus loin, au Magyar utca 16-18, l’établissement jumeau Csendes Társ tient un petit jardin à vin en plein air près du jardin Károlyi, saisonnier et distinct de la salle principale. Les deux adresses sont toujours ouvertes en 2026.
Passez votre chemin si : vous cherchiez vraiment le calme malgré le nom. Une fois la salle pleine, le silence reste théorique, et le décor maximaliste soit vous ravit, soit vous submerge, sans juste milieu. Les réservations de table à Csendes Létterem sont plafonnées à huit personnes, réservez donc à l’avance pour un groupe. Les cocktails tournaient autour de 1 500-2 500 HUF et le vin au verre à partir de 1 200 HUF environ, mais nous n’avons pas pu revérifier ces chiffres sur une carte actuelle cette fois-ci.
Pour y aller : Csendes Létterem, Ferenczy István u. 5, 1053 Budapest. Csendes Társ, Magyar u. 16-18, 1053 Budapest. ruinbarsbudapest.com en dit plus.
Hotsy Totsy : le speakeasy qui ne sert que les clients assis
En bas d’un escalier sur Síp utca, Hotsy Totsy s’engage à fond dans son concept années 1920, bâti par trois amis sur « l’amitié, le savoir-faire, et juste ce qu’il faut de rébellion ». L’adresse a intégré le classement mondial 2025 des Top 500 Bars à la 267e place, et les cocktails expliquent pourquoi : parmi les favoris du personnel, un Russian Spring Punch, un Jungle Bird et un Paper Plane, sans oublier leur propre gin maison, le Duster’s Punch.
Une salle privée cachée, The Hudson, existe pour qui veut vraiment disparaître (du jeudi au samedi). Le bar ouvre tous les jours dès 18h.
Passez votre chemin si : vous n’aimez pas rester debout. Hotsy Totsy ne sert que des clients assis, donc un soir chargé, on réserve ou on attend. Le terminal de carte n’est pas portable, on règle donc à la caisse plutôt qu’à table. Pas de tongs ni de sandales. Les cocktails tournent entre 4 000 et 5 000 HUF (environ 11-14 EUR), une fourchette confirmée par notre guide des bars à cocktails de Budapest.
Pour y aller : Síp utca 24, 1075 Budapest. hotsytotsy.hu
Élesztőház : une ancienne verrerie devenue campus de la bière
Élesztőház, littéralement la « maison de la levure », occupe une ancienne verrerie du IXe arrondissement et fonctionne moins comme un bar unique que comme un petit campus : la salle principale Élesztő, un Cask Ale Bar, un Spirit Bar, une salle à vin, un café, et un Brew Studio qui organise ses propres ateliers de brassage. C’était le premier ruin pub de la ville construit spécifiquement autour de la bière artisanale hongroise.
Le nombre de robinets varie selon qui compte et quand, quelque part entre vingt et trente, avec une rotation de bières artisanales hongroises et internationales. Le Butcher’s Kitchen sur place s’occupe de la nourriture : sandwichs au pastrami, travers de porc au barbecue, jarret croustillant. L’établissement ouvre tous les jours, à peu près de 15h à 3h.
Passez votre chemin si : vous détestez attendre. Avec autant d’activités en même temps, le service peut traîner quand c’est plein, et le look volontairement brut et inachevé ne plaît pas à tout le monde. Les plats ont tourné autour de 4 400-5 750 HUF pour un plat principal et environ 1 400 HUF pour un accompagnement, mais nous n’avons pas pu revérifier ces chiffres sur une carte actuelle cette fois-ci.
Pour y aller : Tűzoltó u. 22, 1094 Budapest. en.elesztohaz.hu
Fekete Kutya : le petit repaire de quartier qui accueille les chiens
Sur Dob utca, en plein cœur de l’effervescence du Quartier juif, Fekete Kutya (« chien noir ») reste envers et contre tout une vraie adresse de quartier. Petit, art local aux murs, et oui, les chiens bien élevés sont les bienvenus, d’où le nom.
La carte des pressions penche vers l’artisanal tchèque et hongrois, avec environ sept robinets qui tournent. Côté cuisine, tapas, salades au boulgour et classiques hongrois revisités. Les horaires courent du lundi au mercredi de 17h à 1h, du jeudi au samedi de 17h à 2h, et le dimanche de midi à minuit.
Passez votre chemin si : la salle vous semble trop petite pour attendre. C’est vraiment petit, donc les soirées de pointe imposent une file pour une place. La bière tournait autour de 900-1 300 HUF le demi, mais nous n’avons pas pu revérifier ce chiffre sur une liste actuelle cette fois-ci.
Pour y aller : Dob utca 31, 1074 Budapest. ruinbarsbudapest.com en dit plus, ou cherchez « Fekete Kutya Gasztro Pub » sur Facebook.
Gdansk Könyvesbolt : la librairie polonaise qui sert aussi de la vodka
Située sur le Bartók Béla út, côté Buda, Gdansk Könyvesbolt és Büfé est une vraie librairie-bar polonaise, ouverte par une immigrée polonaise, Marzena, et son mari artiste. On y feuillette des livres neufs et d’occasion en polonais tout en travaillant une bière artisanale polonaise ou hongroise, ou un shot de vodka polonaise. Quand ils en ont, les rollmops de hareng au pain de seigle et à l’oignon sont la commande à faire.
Passez votre chemin si : vous comptiez y aller un samedi soir. Selon notre dernière vérification, Gdansk garde désormais des horaires uniquement en semaine, environ 18h-23h du lundi au vendredi, fermé samedi et dimanche, un vrai changement par rapport à sa vieille réputation de bar bondé le week-end. Prévoyez plutôt une soirée en semaine. L’endroit est vraiment minuscule, quatre tables selon certains, donc même un mercredi peut se remplir. Les prix tournaient autour de 800-1 500 HUF la bière, mais nous n’avons pas pu revérifier ce chiffre sur une liste actuelle cette fois-ci.
Pour y aller : Bartók Béla út 46, 1111 Budapest. Facebook pour les horaires et les mises à jour.
Pour la suite de votre soirée
Pourboire. Beaucoup de bars budapestois, dont plusieurs sur cette liste, ajoutent automatiquement un szervizdíj (frais de service) de 12,5 %. Vérifiez la note avant de rajouter quoi que ce soit. S’il n’y a pas de frais de service, comptez 10-15 %, arrondi en forints si possible, ça évite au personnel un calcul de conversion.
Horaires. Pour les salles calmes, Csendes Létterem ou Gdansk, privilégiez l’après-midi ou le début de soirée. Pour les plus animées, Kisüzem ou Élesztőház, un soir de semaine bat un vendredi ou un samedi si vous voulez vraiment entendre la personne en face de vous.
Dans la rue. Boire sur la voie publique est interdit à Budapest et sanctionné d’une amende, tout comme uriner dans la rue. Le VIIe arrondissement en particulier redevient résidentiel dès qu’on s’éloigne du niveau des bars, restez donc raisonnable une fois dehors.
Ce qu’il faut retenir
Aucune de ces sept adresses n’apparaîtra sur une liste de rooftops, et c’est précisément le sujet. Un pub coopératif, une ancienne verrerie, une librairie qui sert de la vodka : leur caractère vient de ce qu’elles sont vraiment, pas de leur altitude. Choisissez deux ou trois adresses de cette liste pour une soirée, et vous repartirez avec une meilleure idée de la scène des bars de Budapest qu’après une tournée complète de rooftops.
Egészségedre.
Bon à savoir
Combien coûte un verre dans ces sept bars ?
Ça varie beaucoup selon l'adresse. Gólya Presszó et Fekete Kutya pratiquent des prix pour habitués, donc les moins chers. Hotsy Totsy est le plus onéreux, entre 4 000 et 5 000 HUF le cocktail. Les quatre autres se situent entre les deux, dans la fourchette ordinaire d'un bar budapestois plutôt que dans celle d'un rooftop d'hôtel.
Ces bars sont-ils touristiques ou plutôt fréquentés par des locaux ?
Gólya Presszó et Gdansk Könyvesbolt sont les moins touristiques des sept, tous deux en dehors du parcours classique. Kisüzem et Élesztőház accueillent un public mêlant locaux et voyageurs qui ont fait leurs devoirs avant de venir. Aucun des sept n'est un terrain d'enterrement de vie de garçon ou de jeune fille.
Faut-il réserver ?
Hotsy Totsy ne sert que des clients assis : réservez ou arrivez tôt. Csendes Létterem plafonne les réservations de groupe à huit personnes. Les autres accueillent sans réservation, sauf aux heures de pointe du vendredi et du samedi soir.
En quoi l'ambiance diffère-t-elle d'un ruin bar classique ?
Un peu de recoupement existe : Kisüzem et Élesztőház partagent ce look de brique apparente et de bâtiment recyclé. Mais chacune de ces sept adresses se construit autour d'une seule idée plutôt que d'essayer de tout faire à la fois : une coopérative, un programme de bière artisanale, un speakeasy à thème, une librairie polonaise. Attendez-vous à des salles plus petites et à des conversations plus faciles que dans un méga ruin bar.
Parle-t-on anglais dans ces bars ?
Oui, dans les sept. Le personnel de chaque adresse a l'habitude d'un public mêlant locaux et internationaux. Vous rencontrerez moins d'anglais seulement si vous vous aventurez dans une kocsma purement résidentielle de quartier, ce qu'aucune de ces sept adresses n'est.
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